Samedi 13 décembre, SINGA Marseille a investi La Cômerie pour la première édition du Bazar Festival. Une journée pensée comme un espace de rencontres, de création et de dialogue, pour rendre visibles des talents et des parcours issus de la migration, qui participent pleinement à la vie marseillaise, sans toujours être reconnus.
Dans une ville façonnée par les circulations humaines et culturelles, SINGA Marseille a fait le choix d’un format simple et accessible : se retrouver, pratiquer ensemble, écouter des récits et célébrer ce qui relie. Une manière concrète de répondre aux débats clivants sur la migration, en remettant l’expérience vécue et les relations humaines au centre.
« Cette journée, c’est une façon de montrer ce que nous construisons au quotidien : des liens, des projets et des espaces où chacun·e a sa place », explique Arnaud Mispolet, directeur de SINGA Marseille.
Dès l’ouverture, l’ambiance est posée. La séance de yoga animée par Farzona rassemble un groupe hétéroclite : habitué·es du lieu, voisin·es curieux·ses, personnes accompagnées par SINGA. On respire ensemble, on prend le temps. Un peu plus tard, la danse inclusive proposée par S.W.A.G Studio transforme l’espace : les corps se mêlent, hésitent parfois, puis trouvent leur rythme. L’atmosphère se détend, les sourires s’installent.
Tout au long de l’après-midi, les propositions s’enchaînent sans cloisonnement. Sur la fresque de la diversité, chacun·e ajoute une couleur, un mot, une forme, composant peu à peu un portrait collectif de Marseille. À quelques mètres de là, le débat mouvant animé par La Cimade invite à se positionner physiquement, à changer de place, à écouter d’autres points de vue. Les échanges sont parfois hésitants, souvent francs, toujours respectueux.
Les enfants circulent librement entre lectures, ateliers créatifs et cuisine improvisée. Pendant ce temps, le marché de créateur·rice·s et le vide-dressing solidaire donnent à voir des initiatives portées par les personnes accompagnées par SINGA Marseille, entre artisanat, mode et économie solidaire.
En fin d’après-midi, la table ronde « Migrations et inclusion à Marseille : paroles de concerné·es » marque un temps de pause collective. Aux côtés de Benoît Hamon, Directeur Général de SINGA Global, plusieurs personnes ayant vécu un parcours d’exil partagent leurs expériences.
Les mots sont simples, parfois chargés d’émotion. On parle d’arrivée, de solitude, de solidarité aussi. Dans la salle, le silence est attentif. Certaines phrases résonnent longtemps après avoir été prononcées.
La soirée s’ouvre sur une autre énergie. Performances de rap, DJ set et plats aux saveurs libanaises, turques et philippines prennent le relais. Les discussions reprennent autour des tables, les parcours se croisent à nouveau. Ici, la fête n’efface pas les échanges de la journée : elle les prolonge, autrement !
Le Bazar Festival n’a pas vocation à être un événement isolé. Il s’inscrit dans le travail quotidien de SINGA Marseille : créer des espaces où Marseillais·es et personnes nouvelles arrivantes se rencontrent, coopèrent et construisent ensemble. Cette première édition a montré qu’en partant de pratiques simples (bouger, écouter, créer, manger ensemble) il est possible de déplacer les regards et de faire émerger d’autres récits sur la migration.
