Le 14 octobre, dans les locaux de Reporters sans frontières à Paris, des journalistes exilé·es, des partenaires et des soutiens se sont retrouvés pour marquer une étape importante : la première année du programme Voix en Exil. Une soirée pour revenir sur des parcours de courage, sur un engagement commun en faveur d’une information libre et pour regarder lucidement vers la suite : comment continuer à protéger ces voix essentielles, en France et au-delà ?
Informer n’est jamais un geste anodin. Pour les journalistes exilé·es, c’est souvent un acte de courage, parfois même une condition de survie. Contraint·es de fuir leur pays à cause de conflits, de régimes autoritaires ou de pressions politiques, des centaines de journalistes se retrouvent chaque année privés de leur cadre de travail, de leurs réseaux, et parfois de leur voix. C’est pour répondre à cette urgence que Canal France International (CFI), SINGA, la Maison des journalistes et Reporters sans frontières ont uni leurs expertises au sein d’un consortium, avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Ensemble, ils ont lancé Voix en Exil : un programme pensé pour permettre aux journalistes exilé·es en France de se reconstruire, de se former et de continuer à exercer leur métier en toute sécurité.
Depuis son lancement, deux promotions réunissant 31 journalistes venus de 13 pays ont bénéficié d’un suivi sur mesure : soutien socio-professionnel, mentorat, formations éditoriales, techniques et numériques, et des rencontres avec des médias et des professionnel·les du secteur en France. Plus qu’un programme de formation, Voix en Exil est un espace de renouveau, où chacun·e retrouve confiance et souffle créatif, pour continuer à raconter le monde avec liberté et précision.
Lors de la soirée anniversaire, trois journalistes ont pris la parole pour témoigner de leur parcours et de l’impact du programme :
Rodly Saintiné, journaliste haïtien, a fondé une école de journalisme dans son pays et souhaite aujourd’hui poursuivre en France son podcast consacré à l’exil.
Halima Karimi, journaliste afghane, continue son travail d’investigation malgré les menaces qui pèsent sur ses collègues restés en Afghanistan.
Simon, réfugié politique et cinéaste kurde, développe des projets audiovisuels mettant en lumière les voix des femmes kurdes.
Tous et toutes partagent un même constat : Voix en Exil permet de rompre l’isolement, de renforcer les compétences, et de s’inscrire dans un réseau solidaire de pairs confronté·es à des réalités similaires.
Le programme poursuit aujourd’hui son engagement avec une troisième promotion, composée de 14 journalistes venus d’Afghanistan, d’Égypte, d’Haïti, de Libye, de Syrie, du Togo, de Turquie et du Yémen, vient de rejoindre le programme. Autant de parcours, de regards et de récits qui participent à la vitalité de l’information et à la santé démocratique.
La mission reste la même : protéger, accompagner et valoriser celles et ceux qui font vivre l’information libre, malgré l’exil et les obstacles.
Voix en Exil célèbre sa première année, mais le chemin est encore long. Autant de parcours, de regards et de récits qui participent à la vitalité de l’information et à la santé démocratique. Pour celles et ceux qui en font partie, Voix en Exil n’est pas seulement un programme. C’est un cadre de travail, un réseau, et la possibilité de continuer à exercer le journalisme avec dignité. Une manière concrète de défendre la liberté d’informer, aujourd’hui, et pour les années à venir.
