Les 4 et 5 février 2026, SINGA a réuni à Marseille les représentant·es de son réseau international, présent dans 16 villes et 7 pays. Pendant deux jours, les équipes ont travaillé ensemble pour adapter leurs stratégies dans un contexte marqué par le durcissement des politiques migratoires, la progression des discours d’exclusion et la fragilisation des financements associatifs.
Début février, Marseille a accueilli le SINGA Leaders Seminar 2026, le rendez-vous annuel réunissant les directions et représentant·es des différentes antennes du réseau SINGA.
Pendant deux jours, les équipes venues de France, d’Allemagne, de Belgique, du Luxembourg, de Suisse, d’Espagne et du Canada ont partagé leurs réalités de terrain, leurs difficultés mais aussi leurs stratégies pour continuer à développer des programmes d’inclusion dans un environnement de plus en plus contraint.
Car partout en Europe, les associations engagées sur les questions migratoires font face à une double pression : politique d’un côté, économique de l’autre.
À travers de nombreux pays européens, les politiques migratoires se durcissent tandis que les discours nationalistes et xénophobes gagnent du terrain dans l’espace public.
En parallèle, de nombreuses structures associatives doivent composer avec une instabilité croissante des financements : baisse des subventions publiques, retrait de certains bailleurs privés, concurrence accrue entre associations ou encore difficulté à financer des projets de long terme.
Pour un réseau comme SINGA, qui agit depuis plus de dix ans pour favoriser les rencontres entre personnes nouvelles arrivantes et habitantes locales, soutenir l’entrepreneuriat inclusif et changer les regards sur la migration, ces évolutions ont des conséquences très concrètes.
Le séminaire de Marseille avait donc un objectif clair : analyser collectivement ce nouveau contexte et renforcer les capacités d’action du réseau.
L’un des principaux sujets abordés pendant ces deux journées concernait la question du financement. Dans un environnement devenu plus instable, les équipes ont travaillé sur plusieurs priorités stratégiques :
L’objectif est de permettre aux programmes d’inclusion portés par SINGA de continuer à se développer tout en consolidant leur pérennité à moyen et long terme. Ces discussions interviennent quelques semaines seulement après la campagne de financement participatif lancée par SINGA Global sur Ulule, qui avait mobilisé plus de 1 140 contributeur·rices autour du slogan « Défendons SINGA : des liens, pas des murs ».
Dans un espace médiatique de plus en plus polarisé, les équipes ont échangé sur la manière de construire des récits accessibles, incarnés et capables de toucher des publics plus larges.
Les discussions ont notamment porté sur :
Au-delà de la réaction face aux discours d’exclusion, l’enjeu est aussi de proposer d’autres imaginaires : montrer concrètement ce que produisent les rencontres, les coopérations et les trajectoires d’inclusion dans les territoires.
Au-delà des ateliers stratégiques, ce séminaire a aussi constitué un temps essentiel de coordination entre les différentes villes du réseau. Les équipes ont partagé les réalités locales auxquelles elles font face, identifié des problématiques communes et aligné leurs priorités pour les mois à venir.
Présente aujourd’hui dans 7 pays et 16 villes, l’organisation SINGA fonctionne comme un réseau décentralisé, où chaque chapitre développe ses propres actions tout en contribuant à une vision commune. Dans un contexte où les défis se multiplient, ces temps de travail collectif deviennent essentiels pour maintenir une stratégie cohérente et renforcer la capacité d’action du mouvement à l’échelle internationale.