Du 30 mars au 2 avril 2026, l’équipe de SINGA Marseille s’est rendue à Barcelone dans le cadre d’un programme Erasmus+. Pendant quatre jours, les équipes de SINGA Marseille et SINGA Barcelone ont échangé autour d’une même question : comment créer des espaces où les personnes nouvelles arrivantes peuvent réellement participer à la vie sociale, culturelle et économique des villes ?
Fin mars, l’équipe de SINGA Marseille a rejoint SINGA Barcelone pour un voyage d’étude organisé grâce à un financement Erasmus+.
Pendant quatre jours, les équipes ont rencontré des associations, coopératives et initiatives locales engagées auprès des personnes nouvelles arrivantes. L’objectif : observer d’autres manières de travailler, partager des expériences concrètes et mieux comprendre comment deux villes méditerranéennes (Marseille et Barcelone) répondent à des enjeux similaires avec des contextes politiques parfois très différents.
Car si les débats sur les migrations traversent toute l’Europe, les réponses locales, elles, varient fortement d’un pays à l’autre.
Au fil des rencontres, les échanges ont rapidement dépassé la simple découverte de projets associatifs. Les équipes ont aussi comparé les réalités vécues en France et en Espagne : accès aux droits, régularisation, place des personnes sans-papiers dans l’espace public, politiques municipales ou encore relations avec les institutions locales.
Un constat a particulièrement marqué l’équipe marseillaise : dans de nombreuses initiatives rencontrées, les personnes nouvelles arrivantes ne sont pas uniquement accompagnées. Elles dirigent les projets, prennent les décisions et participent pleinement à la création des solutions.
Parmi les rencontres les plus marquantes du séjour, celle avec Top Manta a laissé une forte impression. Cette coopérative a été fondée par d’anciens vendeurs à la sauvette d’origine sénégalaise vivant à Barcelone. Aujourd’hui, elle produit des vêtements écoresponsables en circuit court et porte un message fort autour de la dignité, du travail et de l’auto-organisation. Le nom “Top Manta” lui-même détourne une expression utilisée en Espagne pour désigner les vendeurs ambulants qui exposent leurs produits sur des couvertures dans la rue.
L’équipe de SINGA Marseille a participé à un atelier de sérigraphie dans leurs locaux, découvrant un modèle où des personnes ayant connu la précarité ont construit leur propre activité économique, leurs propres emplois et leur propre récit.
Autre découverte importante : Espai Mescladis, un restaurant d’insertion qui forme et emploie des personnes nouvelles arrivantes avant de les intégrer directement dans ses établissements.
Le lieu fonctionne à la fois comme espace de formation, restaurant, café associatif et lieu de rencontre. Une approche hybride qui mêle activité économique, insertion professionnelle et création de lien social.
L’équipe a également rencontré plusieurs structures accompagnant des projets artistiques portés par des personnes exilées, un domaine encore relativement peu développé en France, mais particulièrement inspirant pour les réflexions menées à Marseille.
Ces initiatives utilisent l’art non seulement comme outil d’expression, mais aussi comme moyen de visibilité, d’émancipation et de participation à la vie culturelle locale.
Parmi les moments forts du séjour figurait également un “migrant tour”, une visite de Barcelone racontée à travers le regard d’une personne ayant vécu l’exil et l’arrivée dans la ville.
Loin des circuits touristiques classiques, ce parcours montrait une autre géographie urbaine : celle des démarches administratives, des premiers logements, des lieux d’entraide, des difficultés rencontrées mais aussi des solidarités construites au fil du temps.
Une manière de raconter la ville à partir des expériences vécues par celles et ceux qui la découvrent en reconstruisant leur vie. Cette initiative a particulièrement inspiré l’équipe de SINGA Marseille, qui réfléchit désormais à développer un projet similaire dans la cité phocéenne.
Ce séjour a permis de renforcer les liens entre les équipes de SINGA Marseille et SINGA Barcelone.
Ces collaborations entre villes deviennent essentielles pour partager des pratiques, apprendre les un·es des autres et construire des réponses plus humaines à l’échelle locale. Car même si les contextes politiques diffèrent, les enjeux restent souvent les mêmes : comment permettre aux personnes nouvelles arrivantes de trouver leur place ? Comment créer du lien entre des personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées ? Et comment faire en sorte que l’inclusion ne soit pas seulement un principe, mais une expérience concrète vécue au quotidien ?
Pendant quatre jours, Marseille et Barcelone ont tenté d’y répondre ensemble.
